VDV # 10: Buveurs d' étiquette

Publié le par Emmanuel DELMAS




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Facile ?? Présenter le vin qui nous a le plus marqué par son étiquette...telle fut la suggestion faite par notre chère présidente,  Iris, vigneronne de notre Sud ensoleillé.



J'ai encore à la maison de mon adolescence, un immense tableau sur lesquels trônent  les vins que j'ai dégusté, parmi les plus prestigieux...Yquem, Pétrus, Mouton, Lafite, Margaux, Cheval Blanc, Véga Sicilia,  Sassicaia, Opus One...et tant d'autres....je n'ai aucun mérite , étant sommelier.

Mais si il y a un vin qui me'a ému  tout particulièrement, ce serait bien le TUTUKA...

Reprenons l'article écrit à l'époque...Un vin superbe d'authenticité et de  caractère, introuvable désormais, la bouteille trône sur mon meuble du salon...telle une relique.

HISTOIRE


Lawrence BUTHELEZEI,  n'aurait sans doute jamais imaginé  produire un jour, son propre vin.

L'abolition de l'apartheid l'aida grandement.

Sa rencontre avec Jean Vincent RIDON, vigneron français fut déterminante. Partageant la même cave, il lui apprend les rudiments du métier de vigneron. Un passage en Bourgogne, lui permet de peaufiner son savoir.

Ainsi, Lawrence, produisit son 1er millésime, en 2002. Sur l'étiquette de ce vin, on peut y lire TUTUKA, désignant Progrès. Juste en dessous sied un guerrier Zoulou.

Voici, rapidement, en quelques mots l'histoire de ce vin hors normes.


DEGUSTATION

 

La robe se montre très foncée, d'une couleur profonde, on imagine une certaine concentration. Les reflets se montrent grenats, le vin semble suivre une 1 ère évolution.

Le 1er nez est très plaisant, à mon sens. Surtout exubérant, intense, il dévoile des arômes très animaux.

A l'aération, le vin développe des arômes encore plus persistants, et intenses. Les pointes animales semblent plus féroces. Ainsi, sans pour autant vouloir choquer, le nez me rappelle la sueur de cheval, l'écurie. C'est impressionnant et remarquable. Le cuir, la peau de bête prennent le relais, dominateurs effluves. L'aération permet de laisser ensuite place à un nez de fruits noirs, bien confiturés.

Je tiens à préciser, que ce nez animal, bestial, est le signe d'un vin très opulent, puissant. On peut d'ailleurs les retrouver sur certains vins de Bandol, issus du cépage Mourvèdre. En conclusion, rien de choquant, même si à la lecture de cette note, je puisse comprendre que cela fasse peur.

 

L'attaque en bouche, est franche, suave, et rond, le vin propose des saveurs rappellant bien le nez, à savoir, notes animales, féroces, mêlé aux fruits écrasés, bien mûrs. (mûres, griottes). La finale est tout aussi intense, transcendée par un support tannique persistant, et fourré. La finale est longue, très longue.

Le vin bombe le torse, se montre très riche, concentré, atypique, de par ses notes féroces, je lui trouve un caractère incroyable, une personnalité à nul autre pareil.

Je n'ai pas souvenir d'avoir dégusté un tel vin, aussi dense, animal. Même un château MUSAR du Liban ne se montre pas aussi virulent à ce niveau. Pourtant, le cabernet sauvignon, cinsault, et syrah de HOCHAR se montre particulièrement impressionnant. Même sur Bandol, je n'ai pas approché une telle ossature.

 

En conclusion, voici un 1er millésime, détonnant. Impressionnant de puissance, de suavité, et de densité, ce vin est atypique, empreint d'une véritable personnalité, ces notes animales, féroces, et persistantes peuvent apeurer à la lecture, pourtant, équilibré, et en harmonie, il ne laissera personne indifférent.

Félicitations à Lawrence, et remerciements tout particuliers à Marie Claude, de m'avoir donné l'occasion de déguster ce vin, très confidentiel. 500 bouteilles furent produites pour ce 1er millésime. 2 500 pourraient voir le jour, sur 2003.

 

ACCORDS

L'opulence si nette, la densité de ce vin, et ses notes bestiales, lui permettent de s'accompagner aisément d'un plat de viande en sauce, riche et concentrée. Ainsi, une daube, un boeuf bourguignon, ou une grouse écossaise se montront fort conciliants.

Pierre MARCHESSEAU, grand chef réputé, propose sur son site de recettes, une daube de sanglier.

La force de cette viande, alliée à la douceur du mets, mérite amplement sa place aux côtés de vin hors normes, et énorme, qu'est TUTUKA.

Les épices sauront converser aux notes bestiales du mets, le dialogue risque de durer en bouche, la symphonie persistera et je suis certain que tout cela ne finira pas en cacophonie.

 

Emmanuel DELMAS


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Baraou 26/01/2008

TUTUKA, fallait le trouver ! Un sommelier qui sort des sentiers connus, c'est un grand sommelier.

armel 11/02/2008

Curieux de goûter ce Tutuka et sa bestialité... Ca se trouve facilement ?

armel 12/02/2008

Bon... tant pis...