FOIRES AUX VINS: L'ENQUETE (3/5)

Publié le par Emmanuel Delmas

 

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3è partie de la Grande Enquête sur les Foires aux Vins en GD. Après un éclairage intéressant concernant 3 enseignes de la GD, Sébastien Martinez chef comptable chez Intermarché s'est intéressé à 3 syndicats et comités interprofessionnels. En répondant chacun à 3 questions. Levons le voile...!

 

 

Les syndicats et comités interprofessionnels jouent le jeu !

 


  Le questionnaire type de Sébastien Martinez était le suivant pour ce panel:

 

  • 1/ Les ventes sont effectuées directement à la GD ou aux industriels du vin ?
  •  
  • 2/ Lequel des deux fait pression?
  •  
  • 3/ Quelles sont les principales raisons des difficultés rencontrées par les appellations sinistrées?

 

 

 

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MR JAMMES INTERPROFESSION DES VINS DU LANGUEDOC

 

 

Mr Jammes m’a expliqué que les raisins sont souvent vendus aux caves coopératives et aux industriels mais rarement à la grande distribution. Les vins sont difficilement référencés dans les différentes enseignes si les prix sont trop élevés.

 

Le mécanisme est donc assez simple:

 

1/ La GD met la pression au négociant afin de trouver la qualité au meilleur prix.

2/ Ensuite le négociant met la pression à la cave coopérative,

3/ En fin de chaîne la cave coopérative réduit les charges fixes ou achète moins cher le raisin afin d’être placé en terme de prix.

 

Mais Mr Jammes comprend aussi le positionnement de la GD qui veut proposer un produit « correct » à son client au meilleur prix.De plus les comportements ont changé on boit moins mais meilleur.

 

DEFICIT D' IMAGE POUR LES VINS DU LANGUEDOC

 

 

Pour lui, les principales causes des difficultés viennent du problème de notoriété, les vins du Languedoc accusent un déficit très lourd en terme d’image.

Bien que ce ne soit plus justifié aujourd’hui. Les vins du Languedoc trouvent difficilement preneurs lors des foires par manque de conseil, les cavistes et les restaurants les vendent très bien. Le consommateur occasionnel reste avec une image négative.Si une personne le conseille correctement, il essaiera mais face à un Bordeaux ou un côte du Rhône au même tarif sans conseil, pour Mr Jammes, il ne choisira jamais le Languedoc.

 


 

 

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MR SIMONNET, PDT DU SYNDICAT DE L'AOC COTES DU MARMANDAIS

 

 


Mr Simonnet fait beaucoup de reproches à la GD, bien que 90 % de la production de l’AOC soit vendue à la GD, il est 100 % contre.

 

1/ La cave coopérative subit des pressions énormes de la part de la GD, en gros c’est "on achète à ce prix un point c’est tout".

L’AOC étant fortement dépendante de ce système, la cave coopérative est obligée de céder et les vignerons en subissent les conséquences directes.

 

2/ Pour lui, la GD est une "machine à chômage", qui scie la branche sur laquelle elle est assise.

En effet, selon ses dires elle pratique de la même manière pour tout le monde, à la fin il y aura tellement de chômeurs que les gens ne pourront plus aller faire leurs courses dans ces magasins.

 

La GD impose toujours de nouvelles promos afin d’attirer le client, elle impose donc souvent des baisses de tarifs ou des colis gratuits.

 

3/ Mr Simonnet aimerait que le double étiquetage soit mis en place, le prix d’achat sortie cave coopérative et bien sûr le prix de vente.

 

Car il voit parfois des prix qui ont triplé lorsque les bouteilles sont en magasin. Pour lui, les difficultés viennent du manque de notoriété qui est dû à la jeunesse de l’appellation. Enfin, il m’a dit que la cave coopérative tentait de développer l’export afin de se sortir des griffes de la GD car beaucoup de vignerons de l’appellation ont déjà arrêté leur activité car ils n’arrivaient pas à joindre les deux bouts.

 


 

 

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MR LAPOUPLE, SYNDICAT DES VINS DE JURANCON 

 

Les propriétés de l’appellation étant de petites tailles, les ventes à la GD sont rares à part deux ou trois domaines tels que Cauhapé. La production étant d’une qualité assez élevée les pressions sont moindres.

Le groupe Castel a un chai au sein de l’appellation et achète beaucoup de raisins. Mr Lapouple ne s’est pas éternisé sur le sujet.

 

 

CONCLUSION

 

conclusion

 

Le point de vue des syndicats est plus tranché et ça peut se comprendre mais certains vignerons du Languedoc et d’autres régions sinistrées vendent très bien et parfois très chers leurs vins et cela pour une raison simple, ils produisent un vin de qualité.

 

 

Emmanuel Delmas, d'après une enquête de Sébastien Martinez pour le forum Buveurs d'étiquettes.

 

 

 

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Emmanuel Delmas 

 

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Commenter cet article

Viktor 23/08/2015 10:42

Le vin de qualité fait le maître et la récolte.

Cynthia Ravardel-Domaine Ravardel 30/08/2013 10:55


 


Je suis tout à fait d'accord avec vous, je me permettais simplement de souligner que pour certaine personne en manque de pouvoir d'achat, elles pouvaient accéder à quelques produits non
négligeables. Je vendais mon Beaumes de Venise rouge à 8 € ( en direct) je n'ai jamais voulu travailler avec la GD et je ne pense pas qu'il est été dénué de qualités. Effectivement jamais je ne
vous conseillerai d'acheter un Bordeaux à 3 € ! De plus si l'on prend le sujet en sens inverse à mon avis le prix n'a jamais fait la qualité du vin...

Emmanuel DELMAS 30/08/2013 12:28



 


Cynthia, le vin a un prix, et qui mieux qu'un vigneron ou qu'une vigneronne pour le savoir ,-) Juste que je sais quelles émotions je peux rencontrer avec des vins à moins de 7€ prix direct
domaine. Or, dans les FAV, je ne retrouve jamais ces vins-là. Si un consommateur lambda tombe sur un tel vin, alors il comprendra que lui aussi peut avoir accès à ce plaisir-là sans payer des
prix stupides. Et alors, il se donnera peut-être enfin les moyens de les trouver...et forcément il se détournera de la GD.



Cynthia Ravardel-Domaine Ravardel 30/08/2013 09:58


 


Il semblerait cette année que la concurrence entre les enseignes soit encore plus présente que d'habitude, les consommateurs avertis y trouveront un certain bénéfice. Vous remarquerez aussi que
lidl arrive en force parmi les grands! Un autre point important : les enseignes sans négliger leurs volumes vont se recentrer sur le coeur de gamme avec des prix allant de 5€ à 7€ profitons en .

Emmanuel DELMAS 30/08/2013 10:03



 


C'est vrai Cynthia, néanmoins, au vu des sélections de chaque enseigne, à titre perso, je trouve rarement de vins dignes d'intérêt. Dignes d'intérêt = pourvoyeur d'émotions. Pas plus de 2% de
chaque sélection, et encore, en étant très large. Place encore plus vraie au consensus pour partie, et de vins franchement mauvais en grande majorité. Le prix, toujours le prix. Et un Bourgueil à
4€ ou moins ne peut pas être bon, tout comme un Bordeaux à 2,19€ ou encore un Médoc à 5,50€. Tant que les prix ne seront pas à leur juste niveau, aucun espoir de proposer des vins dignes
d'intérêt. A 5€, on trouve dans le vignoble par exemple de très jolis Saint Pourçain, mondeuses etc...or, aucune enseigne ne propose de mondeuses ou de St Pourçain provenant des domaines
pointilleux. (juste une parvient à proposer le rouge de Bellevue, pas mal). Bref, il y a encore énormément de travail à fournir pour la GD. On s'emm.....ferme ! Pour les initiés et les grands
initiés, il n' y a rien, ou presque. Pour le client de base, il n'aura pas accès au vin capable de lui procurer une vraie émotion, donc de lui donner l'envie de se rendre sur le terrain, de
s'intéresser, de s'ouvrir au vin bon...



Maxime Saada 30/08/2013 09:27


 


Pouvez vous m'expliquer comment la grande distribution commercialise des grands crus : ne sont ils pas tous vendus en direct par les châteaux ? Recommandez vous d'acheter les GC pendant les
foires aux vins ? Merci de votre conseil , Maxime

Emmanuel DELMAS 30/08/2013 09:37



 


Les grands crus classés de Bordeaux ne sont jamais ou très très rarement vendus en direct des châteaux, mais par le négoce. Qui, ensuite les distribue. N'oubliez pas que la majorité des grands
crus classés bordelais ont une superficie largement supérieure à 30 hectares, voire bien au-delà des 70 hectares. Cela vous donne ainsi une certaine idée du nombre de bouteilles à
disposition...$Quant à les recommander, étant donné les prix pratiqués, je n'en conseille que trop peu...le rapport prix/émotion me semblant rarement équilibré. Mais cet avis n'engage que moi.



Julian 23/08/2012 08:14


Toujours aussi intéressante cette enquête ! 

Vinodis 05/09/2010 15:04



Ce que je trouve surtout dommage, c'est le prix qui est fixé d'avance en fonction des appellations (car oublions de voir un jour des "vins de garage" en Grande Surface).


Tous les Rieslings doivent-ils se vendre à 8€ (exemple), les Gigondas à 12€, un Montepulciano d'Abruzzo à 4€, un Rioja à 6€, ... ?



Laurent Baraou 30/08/2010 11:44



Les organisations interprofessionnelles sont encore plus faux culs que les vignerons concernés !! La vérité est ailleurs !



Monsieur Septime 27/08/2010 14:05



Les vignerons sont souvent obligés de rester dans une coop car un contrat les lie, contrat qui courre sur 15 ans parfois.



edern 27/08/2010 10:03



oui on sait tout ça...mais c'est vrai pour tous les secteurs, pas que pour le vin ( lait, légumes etc...) au final c'est toujours le petit producteur qui trinque ; c'est aussi aux consommateurs
d'entamer une réfléxion... le circuit "alternatif" de l'achat en direct ou à un intermédiaire pratiquant un commerce "équitable" est évidemment la meilleure solution, la seule où tout le monde
s'y retrouve



jean-pierre et danielle 27/08/2010 08:46



Mais alors pourquoi les vignerons restent ils dans la coopérative , bien souvent synonyme de médiocrité ?


Dans le Marmandais, le chateau Beaulieu en est sorti ,il y a quelques années et ça marche bien !


http://www.chateaudebeaulieu.net/



Emmanuel DELMAS 27/08/2010 09:00



Il existe toutefois des coopératives à peu près sérieuses...et surtout parce que certains vignerons s'y retrouvent bien, et leurs intérêts sont suffisants. Tous
n'ont pas le talent, ou le courage, volonté pour quitter la coopérative, Jean Pierre.