TRIMBACH PAR ANNE TRIMBACH

Publié le par Emmanuel DELMAS



Après un focus et la dégustation des vins du domaine, Anne Trimbach, la fille de Pierre, le vinificateur (directeur technique)  du domaine Trimbach nous fait l'honneur de nous éclairer davantage. Anne fait partie de la 13è génération de vignerons. Sortant de l'école de commerce, afin d'obtenir son Master en marketing, à Dijon, le but étant pour elle, de voyager le plus possible, pour promouvoir les vins. Anne aura très prochainement la responsabilité du nouveau site internet, mais aussi d'un blog...

Trimbach
15, route de Bergheim
68150 Ribeauvillé
03 89 73 60 30



En attendant, Anne s'est prêté au jeu des questions / réponses, je vous en fait profiter:



Comme tu le sais, Anne, je suis parti quelques jours dans le vignoble du Rheingau, en Allemagne. Sans doute là où le riesling offre ses contours les plus majestueux. Mais en Alsace, le domaine Trimbach reste un fleuron, et traduit lui aussi de superbes expressions minérales sur le riesling.
Peux-tu nous expliquer comment arriver à une telle prouesse ?


Anne:

E
n ce qui concerne l'exploit dont tu parles, je n'irai pas jusque là! Cela tient surtout des terroirs, calcaires, marno calcaires, marno calcaro gréseux. L'âge des vignes y est pour beaucoup également (enracinement plus profond) et le rendement est aussi important: environ 50hl/ha en moyenne sur 10 ans.
Le vinificateur évidement, ne compte pas non plus pour du beurre...

Les dates de vendanges sont très importantes: il faut vendanger à maturité, à environ 13° d'alcool en puissance et non en surmaturiré avec du botrytis car cela changerait complètement la structure des vins et induirait du sucre résiduel, l'ennemi des Trimbach pour les vins d'Alsace hors VT et hors SGN bien sûr!

Et, les élévages sont une donnée essentielle, comment sont façonnés les vins du domaine Trimbach ?

Anne:

L'
élevage: là je demande à Pierre mon papa de répondre à cette question, parce que c'est son domaine plus que le mien.

Sa réponse: pas de bâtonnage pour éviter trop de gras et trop de lourdeur. Pas de vieillissement en fût de chêne pour éviter ce goût boisé qui cacherait celui du fruit. Vieillissement en bouteilles pour tous les vins, le plus longtemps possible. Vins mis en bouteilles à partir du printemps suivant la vendanges(jusqu'à fin juillet environ) et ce chaque année.
Pour petit ajout, mon père m'a toujours dit que oui, le climat, le terroir, etc... tout rentre en ligne de compte pour faire un grand vin, mais les 3 règles fondamentales sont les suivantes: l'équilibre, l'équilibre et l'équilibre.

Peux-tu aussi nous éclairer sur le fameux "Clos St Hune", si remarquable ?


Anne:

L
e Clos Sainte Hune: on en parle peu parce qu'on en a peu... 1,38 hectares, environ 700 à 800 caisses pour le monde entier.
La vinification est la même que pour tous nos vins. C'est le terroir qui fait toute la différence: le CSH, au coeur du Rosacker, est un des rares terroirs CALCAIRES d'Alsace. L'âge des vignes du CSH est d'un peu plus de 50 ans en moyenne, ce qui joue aussi beaucoup. 
Rendements faibles. Propriété exclusive de la Famille depuis 200 ans. Une chance inestimable! 

Allez, Anne, une question plus personnelle...ton meilleur souvenir concernant le riesling ? Celui qui t'aurait le plus marqué, tes goûts personnels ?

Anne:

E
nfin, mon Riesling le plus marquant: c'est pas facile de choisir... surtout que je n'ai pour l'instant pas dégusté assez. Mais jusque là, parmi tous les Riesling que j'ai pu boire, et sans vouloir être chauvine... mon préféré est un Sainte Hune, le 1990. Je l'ai bu pour la dernière fois en décembre 08. J'en ai un souvenir impérissable. 
Grand millésime, Grand Sainte Hune! Je crois que si je demandais l'avis de la Famille, ils partageraient le mien... Ils aiment aussi 1971, 1966 pour les plus anciens millésimes, mais 1990, c'est un tueur! 

Du point de vue de mes goûts personnels, je suis très Blanc, plutôt que Rouge. Je craque devant un grand Bourgogne, un beau Chablis bien sec par exemple. Je peux aussi apprécier un jeune Grüner Veltninger par exemple... tant qu'il est sec et équilibré! Mais le vin blanc qui m'a beaucoup marqué et que j'ai eu le privilège de boire il y a quelques semaines pour la toute première fois est un Bâtard Montrachet 1997 du DRC... leur consommation personnelle (donc je ne le re goûterai pas de si tôt!) qui m'a vraiment impressionnée...  Peut-être était-ce aussi le fait d'être sur place, dans leur cave, avec des amis chers... 

J'espère que mes réponses seront satisfaisantes!

Elles le sont, Anne...qu'en pensez-vous, chers lecteurs ?
Remerciements appuyés à Anne, et Pierre Trimbach pour leur contribution.




Emmanuel Delmas

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Commenter cet article

laurentg 11/06/2013 16:37


Grande verticale au domaine il y a peu : 2010/1983.


Un 1990 magnifique (18,5/19) mais la première bouteille était bouchonnée.


2010 devrait aller loin aussi.


 

Emmanuel DELMAS 12/06/2013 00:51



Anne sait rester humble, et même si tout ne fut pas parfait ce jour-là, je dis "respect". Quelques doutes sur FE 05, bien légitimes...au vu de ce que j'ai dégusté. ;-)



Antoine MANTZER 19/09/2009 15:10

Je tombe presque par hasard sur cet article et je rejoins Anne Trimbach sur le millésime 90 dans cette maison, icône et métronome de l'Alsace.Je n'ai jamais eu la chance de goûter le Clos Sainte Hune sur ce millésime, par contre j'ai eu quelque chose de l'ordre de la Révélation sur le Frédéric Emile 1990. J'ai eu l'immense joie d'y tremper mes lèvres 3 fois cette dernière année (dont une fois avec son créateur) et je suis encore sous le charme...je me permet donc de glisser un article là dessus, ainsi que ma vision de cette grande maison, importante à mes yeux à plus d'un titre.http://secretsepicure.blogspot.com/2008/12/un-rieslingfrederic-emile-1990-de-la.htmlhttp://secretsepicure-alsace.blogspot.com/2009/09/fiche-conseil-le-domaine-trimbach.htmlin elsass veritas

Emmanuel DELMAS 22/09/2009 01:41


Merci pour ces quelques liens, aucun probleme pour les relayer ici, bien au contraire ! Ouvrons les vannes...