Visites, quizz, coups de coeur
C'est ainsi que Bernard Werber définit dans "l'ultime secret" la fameuse papille.Situées sur le dessus de la langue, elles nous permettent de ressentir différentes saveurs
localisées en différents endroits.
Sur le bout de celle-ci, le sucre. Sur les côtés, le salé,encerclant le centre de la langue, l'acidité, et au fond, l'amertume.
Le barman jonglant entre les bouteilles, et le shaker prend souvent un malin plaisir à faire de même avec les papilles si fragiles des clients. Mixologies d’ingrédients sucrés,
de boissons, d’alcools, et parfois de textures peuvent décontenancer les micro-organismes essentiels à la perception des saveurs…
D'un coté, le protecteur des papilles, de l'autre, le destructeur...voici sans doute l'ambiguité liant le barman au sommelier. Ces papilles font partie des outils sensoriels les
plus élaborés et perfectionnés de l'organisme. Mais aussi les plus fragiles.
Ainsi, dans le cadre d'un dîner, il sera vital de les protéger et de ne pas les anesthésier.
Comme il serait inenvisageable de débuter un repas par une tarte au chocolat suivi d'une salade d'endives, il en sera de même avec un whisky suivi d'un vin rouge.
Afin de rester cohérent, il vous faut vous souvenir de cet ordre presque immuable !
Changer l’ordre de dégustation de ces vins compromet la cohérence de tout un repas.Débuter par un vin sucré, est une erreur encore trop usuelle. Saturées par la persistance du
sucre, les papilles ne pourront exercer leur pouvoir de perception avec un vin rouge.Celui-ci paraîtra insipide, ses tanins sembleront rugueux, et fermes. Terminer par un vin mousseux, après un
vin rouge, vous donnera la désagréable impression de vous sentir agressé.
Le Champagne offre fraîcheur et persistance des bulles, qui ont la bonne idée de taquiner les papilles, sans les écraser. Cette entrée en la matière est remarquable. Servir entre
6/7° pour les mauvais Champagnes, ça existe... 10 et 12° pour les cuvées classiques, à 13/14° pour les grandes cuvées.
Autre solution, celle consistant à débuter par un vin blanc, sec, expressif en fruit, et aérien. Les vins allemands, tels les « Kabinetts », sur le cépage riesling sont remarquables
de finesse, et très aériens, titrant bien souvent moins de 11° d’alcool. Mais n'oublions pas les vins blancs secs bien de chez nous, Sancerre, Pouilly-Fumé, ou les tranchants et incisifs
Muscadets et Gros Plants...les vins de Chablis, et j'en passe et non des moindres. Toujours cette idée de combiner les acidités afin d'aiguiser les papilles.
Ou dans le cas où le client est seul, et ne désire pas trop boire, alors, proposez lui le vin de son repas. Sur le dessert, un vin moelleux saura conclure avec gourmandise un repas. En faisant en
sorte de rapprocher les saveurs du mets à ceux du vin.
Si les papilles peuvent se montrer déstabilisées par des boissons trop opulentes en alcool, elles peuvent être décontenancées par des accompagnements trop savoureux.
Ainsi, le fromage se montre trop incisif, le tarama, ou terrines de poissons, peuvent elles aussi se montrer écrasantes. Il vous faudra proposer des accompagnements croquants, aériens, qui
permettent d’assurer au mieux leur rôle de démarrage.
A cet effet, les crudités, tels les concombres, les carottes, voire les radis, couplés à une crème fraîche légère aux herbes, sauront tenir ce rôle.
Emmanuel Delmas
Disons que le foie gras accompagné d'un vin moelleux ne peut pas être proposé en entrée, dans la mesure où le vin moelleux se déguste uniquement sur le dessert.C'est pourquoi, on considère que dans cette configuration le foie gras et vin moelleux sont un entremets, à glisser avant le dessert. Juste 2 bouchées...,()
Emmanuel D
Bien amicalement
@lain
Mauvaise pub pour les vins.
http://www.20minutes.fr/article/221554/Monde-Le-vin-contamine-par-des-residus-de-pesticides.php
Qu'en penses tu? Peut être qu'un sujet la dessus peux interesser les internautes.
Quand vous parlez Champagne, vous pensez BRUT ?
Quid du sec et de demi-sec?
Oui, je pense brut, étant donné que le brut demeure à 95% la priorité d'achat des acheteurs de Champagne...
Pour ce qui est de remplacer le champagne, le vin blanc peut je pense également convenir, d'autant plus s'il accompagne le premier plat du repas :)
Au plaisir, au détour d'un verre, d'une table, ou d'un blog...
merci pour la réponse à ma question sur le champgne !
je propose quelques vieux millésimes de Bourgone à la vente sur Ebay ( pseudo HISMUS). Si cela peut interresser quelqu'un !!
En préparant cette vente, nous avons dégusté un Beaune Clos du Roi 86 de Tollot Beaut et un Clos st Denis 87 de Coquard !!
Tous deux excellents voire surprenant, surtout le 87 qui était décrite comme petite année !
Cordialement !
Je reste assez effaré comme les apéritifs anisés, bitter et autre whisky sont consommés à l'apéritif, souvent avec des petites portions de mets super riches !
Oublie-t-on que l'apéritif ouvre l'appétit de manière délicate et sans hypothéquer la suite ?
Nous avons de la chance en Suisse avec notre vin blanc issu du Chasselas (Fendant), frais, gouleyant avec plus de finesse que d'arôme, et un très léger perlant qu'il faut savoir accompagner de quelques flûtes au sel, basta. C'est vraiment apéritif et bien assez pour apprécier la suite.
Je vous pense d'accord, Emmanuel et bons messages.
Merci
Intéressez-vous aux champagnes de Tarlant, Boulard, ou Janisson Baradon, sans omettre le grand Yves Ruffin !
Cordialement.
Thierry ( Tahiti )
Et Boulard à l'apéro et/ou entrée !!!!
Merci Manu pour tous tes conseils...
On reste sur sa faim, plus de détails sur les principes de régénération des papilles comme l'utilisation de pain pour faire saliver, de l'acidité d'un vin pour "nettoyer la bouche", je suis sure qu'il y a pleins d'autres leviers à manipuler pour faire chavirer les âmes à table.
Nettoyer la bouche avec de la fraicheur donc de l'acidité, j'adhere puisque je le pratique régulièrement. apres, autant rester sur les bases que s'ecarter sur la maniere de rincer la bouche apres avoir serieusement sollicite ses papilles. Tout le monde n'est pas fou du vin au point d'en deguster 10 a table. Je préfère m'attarder sur les vins.
Oui tu donnes les bases et à nous de nous amuser pour le reste.
j'adore !
Toujours tres interessant de revoir ses bases!
Les différentes zones sur la langue dont tu parles résultent d'une mauvaise interprétation du travail de Hanig. Cela a été corrigée depuis en 1974 par le Virginia College et en 1993 par les travaux de Linda Bartoshuk. Il a été démontré définitivement que les saveurs sont toutes reconnues par chaque papille. Lire à ce sujet les travaux de François Chartier dans son livre "Papilles et molécules"... qui plus est il parle à juste titre de 5 saveurs, en y associant l'Umami...
Certes, Clément. Mais les sensations amères se trouvent bien en fond de bouche, le sucre devant, le sale et acides sur les cotes. Pour le reste, concernant les papilles ma foi...pourquoi pas. La 5e saveur...on ne la connait pas ;-)
Partagé ! de bons conseils de base et faciles à mettre en oeuvre pour le meilleur de nos papilles (mais pas seulement)
Emmanuel,
Il serait temps UNE FOIS POUR TOUTES de cesser de faire courir cette fameuse carte des zones de perception de la langue QUI SONT FAUSSES !!!!!!!!!
Ces zones avaient été tracées par un scientifique allemand durant la deuxième guerre mondiale, et n'étaient basés sur AUCUN FAIT SCIENTIFIQUE.
Les travaux du professeur BARTOSHUK ont pourtant eux CLAIREMENT DEMONTRE de manière scientifique que c'était totalement faux. Chaque papille est capable de transmettre au cerveau les quatre goûts principaux.
Cessons donc de colporter ce serpent de mer qui franchement me gonfle. Décidément, avec la fête des pères instaurée par Pétain, les légendes de la guerre persistent.
Amitiés.
Patrick MACLART.
Je ne sais pas que penser de ces travaux, Patrick.