PETRUS 1994

Publié le par Emmanuel DELMAS

                               

Comme prévu, suite à l'article concernant cette fameuse tablée de 3 personnes, j'ai eu à loisir de déguster ce vin merveilleux, dont je vais vous parler.

J'ai ouvert puis décanté a bouteille 30 minutes, avant de la servir. Malheureusement, il fut impossible de faire autrement, vu le manque de temps imparti au restaurant. L'idéal étant de l'ouvrir 12 heures à l'avance, tout en laissant ce flacon dans sa cave.

DEGUSTATION

La robe grenat de bonne intensité se pare de reflets légèrement tuilés, dénotant une première évolution. Le vin est limpide, et d'une belle profondeur.

Le 1er nez est très plaisant, de bonne intensité, s'orientant sur des notes végétales et minérales. Ainsi, sont mis en exergue les arômes de sous-bois, de terre mouillée, et de truffe.

Le 2nd nez se montre plus complexe, surtout après évolution, dévoilant des pointes plus herbacées encore, relayées par le tabac blond, le cacao, aussi surprenant cela puisse paraitre.

L'attaque en bouche est merveilleuse d'élégance, malgré sa rondeur, et son opulence tout en sensualité. Le milieu de bouche confirme la sensation de minéralité et nous rappelle les notes végétales et herbacées ressenties au nez. Les tanins sont d'une rare finesse, et amplifient la longueur, en la rendant confortable et donnant une jolie impression de rectitude.

La PAI, chère à Patrick CHAZALLET est longue, persistante de 18 caudalies.

La rétro-olfaction laisse des notes truffées.

En somme, ce vin offre une architecture typique de Pétrus, à savoir, une opulence rendue sensuelle, par une rondeur merveilleuse et des tanins certes présents mais bien soyeux.

L'épithète d'un vin de grande race, malgré un millésime somme toute anodin, si je puis l'écrire.

ACCORDS METS ET VINS

Ce vin, par sa race, et sa rondeur toute confortable, et ses tanins soyeux, malgré sa forte ossature, demandera un mets très délicat.

Evitez les sauces trop concentrées, orientons nous sur des viandes tendres, rouges, et très tendres, afin de laisser le vin s'exprimer au mieux.

Ainsi, le ragoût de boeuf aux carottes et aux herbes de Martine, la banlieusardise, permet un merveilleux accord. La douceur des carottes répondant aux saveurs des épices, se mêlant ainsi à la texture si doucereuse du mets.

 

Ouvrez le vin de 8 à 12 heures à l'avance, et laissez respirer le vin dans votre cave, à 14°

Passer le vin en carafe, à la seule condition, qu'après cette lente et naturelle oxygénation, vous avez la sensation que le vin ne s'exprime pas encore assez. (Ce dont je doute...)

 

Emmanuel DELMAS

Publié dans Dégustations

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J-F Adamski 16/12/2005 17:32

Je remercie M. Delmas d'être passé sur mon blog (à ma grande surprise!).

J'espère ne pas l'avoir froissé avec le ton quelque peu moqueur du billet, je voulais simplement reprendre ce petit billet du site du Monde (je n'ai pas précisé ma source cette fois-ci, honte sur moi) et souligner le côté amusant pour le profane (que je suis) des termes employés en oenologie (parce qu'au-delà des saveurs principales, vous reconnaîtrez surement qu'il faut un certain entrainement pour découvrir les multiples aromes qu'un professionnel saura percevoir). Je ne voudrais surtout pas non plus qu'on aille croire que je dénigre le monde du vin, bien au contraire, c'est toujours un plaisir que d'ouvrir une belle bouteille entre amis.

Longue vie à ce site qui figure désormais dans mes favoris!

Le blog vin 14/12/2005 18:55

Merci pour cet article à la gloire de Petrus...

Emmanuel DELMAS 15/12/2005 00:33

 
Merci Jean Baptiste pour le compliment. L'occasion m'était offerte de déguster ce millésime, c'eut été dommage de ne pas en profiter.

Fleur de sel 11/12/2005 12:09

Voilà une magnifique manière de participer à ce dimanche consacré aux oeuvres d'art!

Emmanuel DELMAS 11/12/2005 12:13

 
Quand le vin se fait art...à ce niveau là, j'acquiesce. La race, la classe, la finesse, ou comment recevoir une caresse avec un gant de velours, alors que la persistance et le volume de ce vin est si dense...cela relève effectivement de l'art, la combinaison de l'opulence et de la sensualité.

Sissi 11/12/2005 00:43

je n'avais pas lu l'autre article : 1610 euros...ben ouais...mets m'en un camion...lol...

Sissi 11/12/2005 00:42

Salut Emmanuel...dis moi un Petrus comme celui-là...ça vaut combien ?

Briesing 11/12/2005 00:31

Merci pour la visite et le com !