Lundi 14 novembre 2005

               

La maison GUIGAL, est devenue une référence absolue en matière de vins de la Vallée du Rhône septentrionale.

Distingué grâce à ses mythiques cuvées, que sont "La Landonne", "La turque" et "La Mouline", la maison Guigal est de notoriété internationale.

Ces 3 cuvées, notées bien souvent au delà des 95/100 par Robert PARKER, sont des pièces de collection, délicates à trouver sur le marché des vins.

En effet, Guigal a décidé d'adopter la politique qui était jusque là propre au domaine de la Romanée Conti, consistant à proposer 1 seule bouteille de ces cuvées, en échange de l'achat de 12 bouteilles de Côte Rôtie.

Le résultat fut une raréfaction des flacons, ayant pour autre effet, une hausse indubitable du prix, devenant par la même prohibitif. Ainsi, naquit la notoriété de ces 3 cuvées.

La semaine dernière j'ai été convié à la dégustation de 3 flacons, un vin de Condrieu la Doriane, vin blanc, et une Turque 2001, ainsi que la dernière cuvée EX VOTO, vignes achetées à Mr GRIPPAT par Guigal.

LA DEGUSTATION

Condrieu La Doriane 2004, 49 euros TTC

La robe dévoile un jaune clair, éclatant aux reflets argentés, limpide et transparent.

Le nez est plaisant, malgré une domination des arômes d'élevage, de fûts de chêne neuf, et ses notes de vanille, et de beurre clarifié. Relayé par des fruits blancs, de bonne maturité.

L'attaque en bouche se montre d'une belle amplitude, grasse, et ronde, typique du cépage viognier. Le milieu de bouche manifeste des pointes encore beurrées, d'élevage, écrasant un peu le vin, l'acidité finale ne se montrant pas assez longue afin de soutenir l'équilibre.

La rétro-olfaction dévoile malgré tout des notes exotiques et vanillés.

En somme, le vin est typique de l'architecture des vins issus du cépage viognier. Opulent, rond et gras, et manquant de finesse.

A boire vite, avant 3 ans, afin de profiter du peu de fraicheur encore présent.

Mariage sur des salades, des volailles, viandes blanches, poissons, et surtout fromages.

Hermitage EX VOTO 2001 à 89 euros TTC

La robe est sombre, les reflets grenats.

Le nez est plaisant, orienté sur des notes de fruits cuits, macérés à l'eau de vie, (griottes) relayés par des notes de terre humide, et de champignons blancs.

L'attaque en bouche est dense, opulente, le milieu de bouche offre des arômes concentrés, de fruits macérés, sans grande complexité, les tanins se montrent présents mais pas agressifs. L'impulsion finale est interessante, mais pas excessivement longue.

En somme, le vin propose une belle envergure, des arômes peu complexes de fruits noirs macérés, et une finale somme toute élégante malgré des tanins présents.

A marier sur des viandes rouges, en sauce, et du gibier.

Côte Rôtie La Turque 2001, 200 euros TTC

La robe est de couleur encre, les reflets sont grenats.

Le nez se montre plaisant et complexe, et étonnament évolué. Le cuir, l'animal, et les notes fumées se conjuguent parfaitement, relayés par des notes épicées, goudronnées. Les fruits noirs apparaissent et le nez se termine sur une note vanillée (famille des épices).

L'attaque est élégante, malgré une belle densité, le milieu de bouche offre des notes très épicées, fumées (bois, poivre, fumé, pivoine). Les tanins sont persistants, compacts mais d'une très rare finesse, prolongeant la finale de manière étonnante.

L'impulsion se montre très giboyeuse, le retour olfactif dominé par des notes poivrées, la PAI est très intense, longue d'une trneaine de secondes.

En somme, un vin très racé, persistant, et d'une très grande élégance malgré une vraie complexité aromatique. Une grande classe.

A marier avec des viandes rouges, à peine saisis afin de permettre au vin d'exister, de l'apprécier pur et net.

Cette dégustation permet de comprendre les vins de la Vallée du Rhône septentrionale. Les vins se montrent linéaires, et techniques. Quant aux cuvées de prestige, (Turque, Mouline, Landonne) ils se révèlent très racés, droits, nets, et complexes.

La marque des très grands vins, justifiant ainsi leur prix élevé.

Emmanuel DELMAS

par Emmanuel DELMAS publié dans : Dégustations
Dimanche 30 octobre 2005

2 nd vin du château Latour

Pauillac

 

                     

Les Forts de Latour, ce vin fait sans nul doute partie des plus grands seconds vins des châteaux Bordelais. Depuis le millésime 1990, d'ailleurs, le Château les propose en primeur.

Les vignes de ce vin proviennent du fameux plateau du Petit Batailley. S'agissant de l'encépagement, avec 80% de cabernet sauvignon, 10 % de merlot, et la même proportion de cabernet franc, la race et le style sont annoncés. La proportion des cépages varie selon le millésime, et la qualité intrinsèque du Grand Vin.

Les vignes ont moins de 15 ans, provenant des parcelles de l'Enclos.

 

L'élevage est élaboré à 50% dans des fûts neufs, et 50 % dans des fûts de l'année précédente, durant environ 18 mois.

LE MILLESIME 1989

1989, est un millésime merveilleux, et complexe.

L'année fut très précoce, les conditions climatiques extraordinairement favorables, avec un été très sec, qui a favorisé la maturation des raisins.

Les vendanges en vert, furent effectuées début Juillet, afin d'éviter tout risque de sécheresse, environ la moitié des jeunes vignes sont ainsi éliminées.

La vendange se déroula sous d'excellentes conditions, le millésime 1989 peut écrire son histoire.

DEGUSTATION

La robe dévoile une certaine évolution, grâce à sa couleur pourpre, présentant des reflets orangés. Le disque tend sur des couleurs orangées, le vin est limpide, profond, et brillant.

Le 1er nez est très plaisant, dénotant une jolie complexité. En 1er lieu, le bouquet offre des arômes animaux, de cuir, de fourrure. A l'aération, le nez se distingue par des pointes de fruits noirs, intenses, bien mûrs. Par la suite, le nez se révèle sur des notes de tabac blond, de goudron, le bouquet s'affole.

L'attaque est ronde, d'une belle amplitude, le milieu de bouche confirme l'impression de complexité ressentie au nez. Les pointes animales répondent aux notes de fruits noirs compotés. La minéralité donne le ton en fin de bouche, permettant au vin de gagner en volume et en rondeur. Les tanins sont compacts, et très fondus, rendant une finale confortable et minérale.

=================>  PAI: 21 caudalies

 1 caudalie étant une mesure de dégustation permettant de calculer la longueur et la persistance du vin en bouche, une fois recraché le vin. 1 caudalie = 1 seconde.

 

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En somme, le vin se montre à son apogée, proposant un bouquet merveilleux de complexité arômatique, une densité, et une classe rares pour un second vin, laissant présager le meilleur s'agissant du Grand Vin.

CONCLUSION ET ACCORDS METS ET VINS

 

On peut aisément faire le rapprochement entre ces 2 vins, où le style du château LATOUR est bien annoncé, de la rondeur, complexité, et de la race.

Les Forts de Latour arrive à son apogée, ce vin complètera à merveille une viande, un gibier ou les plats en sauce.

Il n'est pas nécessaire de le passer en carafe, en revanche, il est important de disposer de verres à dégustation de bonne taille.

 

Emmanuel DELMAS

par Emmanuel DELMAS publié dans : Dégustations
Mardi 6 septembre 2005
Journée BACCHANALES des vins du Sud Ouest, à Paris
 
 
  
 
 
  
 
 
A l’heure où j’écris, je ressens encore les relents d’effluves vineux m’emporter.
La fatigue, consécutive à un week-end très chargé, se fait sentir.
 
Il fut important pour moi, d’être présent à cette réunion des vignerons du Sud Ouest, ayant moi-même sélectionné 3 vins de cette région pour un concept ouvrant en fin d’année.
 
Dès mon arrivée, j’avais une idée précise des vins que j’allais déguster.
Pour commencer, le  Domaine FERRET, sur Gaillac, afin de titiller mes papilles encore endormies d’une nuit bien courte.
 
Le Gaillac Perlé, tendre, fruité, et rafraîchissant permet cette opération.
Le Mauzac, « Cuvée Sophie », bien que plus riche, et opulent, me rassurait quant à la qualité des vins de cette bien jolie maison.
 
 
Devant rendre visite aux Vignerons de Rabastens, ayant eu grâce à mes yeux, lors de la sélection des vins, pour cette future épicerie, ce fut avec délectation que je me rendis compte que le vin choisi fut tout aussi merveilleux.
Tout en fruits, parfaitement équilibré, gourmand avec une pointe d’épices, et une finale ronde, ce Tarani, dont je connais désormais l’histoire, est un vin sublime à un prix défiant toute concurrence.
                 
 
  
 
 
              
 
  
 
                
Au moment précis où je décidais de rendre visite à un vigneron dont je connais le sérieux, un photographe, journaliste et correspondant du TARN LIBRE tout à fait charmant et grand connaisseur des crus de sa région, me prit en mains.
 
Gérard HERNANDEZ, fut donc mon guide, je m’en remis à lui, tout en sachant bien à qui je me devais de rendre visite.
 
Sous son impulsion, je découvre le Domaine de Brousse. Vigneronne passionnée, affable, et captivante, j’acquiesce à ses propos.
Ces vins sont charmeurs, authentiques, et parfois caractériels.
 
Mention spéciale à son Gaillac Haut Codurier, Brocoll passé au fût de chêne, moins bourru, et à l’architecture plus internationale.
 
 
Prit en mains, donc par mon agréable guide, je m’affaire à la dégustation des vins du domaine SARRABELLE.
 
Découverte de vins parfaitement droits, maîtrisés, et d’un Gaillac doux, d’une jolie teneur en fruits secs, légèrement marqué par l’oxydation. Les conséquences du millésime 2003 et sa canicule, forcément !
 
Mais on ressent bien l’expression du terroir, du sol, le jeune vigneron marquera à coup sûr les esprits, tant son travail est judicieux, cohérent, et de grande qualité.
 
 
Il me fallait goûter les vins du Château CRANSAC, à Fronton.
Le cépage négrette est délicat à dompter, tant il semble sauvage, et bourru.Le vigneron prend soin de pratiquer la lutte raisonnée dans ses vignes afin de respecter au mieux son sol. Ainsi, son terroir peut s'exprimer au mieux.
 
Et quelle surprise, les vins y sont concentrés, denses, mais si équilibrés, qu’on en reçoit à chaque gorgée, une tendre caresse. Moi qui m’attendait à recevoir une gifle…
 
Pour terminer, il m’était impossible de faire faux-bond au domaine LAPLACE à AYDIE, établi sur les appellations Madiran, et Pacherenc du Vic Bilh.
 
Les vins moelleux y sont denses, colorés, joyeux et concentrés. Les fruits exotiques, murs, et floraux se côtoient avec délectation.
 
Le millésime 2001 explose aujourd’hui sur le Pacherenc doux.
 
Et, en forme de conclusion, un clin d’œil à Patrick CHAZALLET, avec le non moins fameux MAYDIE, idée merveilleuse du vigneron, de créer cete cuvée de Vin de liqueur, merveille d’équilibre, entre le fruit ( griottes, mures) et les épices.
 
Idée germée après un voyage au Portugal, et en constatant à son retour à quel point ses raisins étaient fruités.
 
Ce vigneron a même tenté de réitérer la magie des vins de Tokaji en Hongrie, vinifié à sa façon sur ses raisins.
 
 
Au final, une journée très constructive, et instructive.
Les vins sont en nets progrès. Ce vignoble offre des vins de terroir, d’expression, se mêlant à des vins façonnés, sculptés, à la mode internationale.
 
Un éclectisme parfaitement bienvenu, de jolies surprises, que nous offre une nouvelle génération de vignerons audacieux, et judicieux dans leur façon de conduire leurs vignes, et de travailler leurs vins.
 
 
 Emmanuel DELMAS
 
 
par Emmanuel DELMAS publié dans : Dégustations

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